Verdun

Verdun, nous y habitons depuis peu mais nous sommes déjà séduits. Nous cherchons donc à casser l'image plutôt négative de cette ville, réputée pour être froide et austère.

Verdun,
on y vient en reculant,
on la quitte en pleurant.

Mardi 20 mai 2008
La Chapelle SophieCet article me permet d'inaugurer une nouvelle catégorie qui regroupera les billets ne se rapportant ni à Verdun, ni à la Meuse. Pour faire simple cette catégorie répondra au nom de "Ailleurs". Et l'ailleurs qui nous intéresse aujourd'hui se situe à Reims, et plus précisément au Centre Culturel Saint Exupéry où nous sommes allés assister au vernissage d'une exposition intitulé "La chapelle Sophie".

Le concept de l'expo ? C'est très simple : la chapelle Sophie est un lieu de culte dédié à Sainte Sophie, dans lequel sont présentés, d'une part, la quête identitaire de la girafe Sophie et, d'autre part, les dix commandements du culte girafique.

Il faut avant tout comprendre que cette petite girafe de plastique mou (créée par la société Vulli en 1961) n'a absoluement pas conscience d'être une girafe. C'est donc avec stupeur qu'elle découvre sa propre définition dans un dictionnaire, puis qu'elle observe ses congénères du zoo de Berlin à la TV. De ces découvertes découle la prise de conscience de ce que l'artiste, Pierre Lesjean, nomme la Girafitude (dans le monde des humains cela doit correspondre à une notion intermédiaire entre l'Humanité et l'anthropocentrisme). Prise de conscience qui donne bien évidemment naissance à un culte mettant en scène un Dieu unique que les girafes créent à leur image (What else ?).

La quête identitaire de la giraphe SophieDans la suite de l'exposition nous découvrons alors "la force du verbe" ou, dit autrement, le Décalogue des girafes. Des girafes Sophie mettent ainsi en scènes ces dix commandements dont l'ordre peut surprendre ("Tu ne tueras point" n'arrive qu'en sixième position, loin derrière "Je suis l'Eternel ton Dieu").

Enfin, le vitrail au dessus de l'autel de la Girafitude rappelle le martyre de Sainte Sophie et de ses trois filles, démembrées, fouettées, disloquées, grillées, bouillies, j'en passe et des meilleurs.

Je laisse le mot de la fin à l'artiste : "je ne peux en effet m’empêcher de faire le parallèle entre la girafe Sophie et les martyres des premiers chrétiens car, tout en subissant les maltraitances corporelles des enfants, la girafe Sophie couine à peine, ne se plaint jamais et continue d’afficher un sourire béat en exprimant ainsi toute sa girafitude". Pierre Lesjean

PS : l'intégralité du Décalogue se trouve sur le blog de Casy
PS2 : Au fait, l'artiste c'est mon tonton alors vous z'avez intérêt à aller voir son expo !

Exposition du 16 au 31 mai 2008
au Centre Culturel saint Exupéry
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Dimanche 18 mai 2008
Le cloître du musée de la PrincerieHier soir nous sommes allés visiter gratuitement le musée de la Princerie, profitant de l'exceptionnelle ouverture nocturne dans le cadre de la nuit des musées.

Comme l'année dernière, le jardin et le cloître de l'Hôtel du Princier avaient été habillés d'un manteau de lumières multicolore qui valait à lui seul le déplacement (voir l'album photo de ce blog et celui de Casy). Par contre, pas de visite à la lampe torche cette année, vraisemblablement pour des raisons de sécurité liées à la présence d'un nouvel objet évalué à 80 000 € et exposé dans une vitrine semble-t-il provisoire.

La crosse d'étienne bourgeois, abbé de St VanneLe hasard de la visite nous a d'ailleurs conduit directement devant cette mystérieuse pièce d'orfèvrerie de 28 centimètres recouverte en grande partie d'émail. Cette crosse abbatiale du XIIIe siècle avait appartenu à Etienne Bourgeois, abbé de Saint Vanne, mort en 1452. Elle avait été découverte dans le tombeau de l'abbé en 1833 alors que l'abbaye de St Vanne (située au dessus de la citadelle) menaçait de s'écrouler et que quelques membres de la municipalité, aidés de militaires, tentaient de sauver ce qu'ils pouvaient de la destruction. La crosse avait ensuite disparu, passant de collection privée en collection privée, avant d'être finalement mise en vente chez Sotheby's à la fin du mois de novembre 2007 et d'être préempté par le musée de Cluny pour la ville de Verdun et de retrouver, enfin, sa place dans le musée de la Ville.

Nous avons ensuite poursuivi notre visite à travers les salles et les époques. J'en ai profité pour aller vérifier le nom du gros crocodile que j'avais entraperçu l'année dernière et qui avait laissé traîner sa mâchoire dans la salle dédiée à la préhistoire. Il s'agit d'un Machimosaurus Hugii, un crocodilien marin qui vivait dans les carrières d'Haudainville il y a environ 150 millions d'années et qui devait se la péter grave vu qu'il mesurait pratiquement 8 m de long.

Petit passage également dans la salle réservée à Jules Bastien Lepage et dans la salle d'armes, avant de quitter les lieux pour d'autres aventures...

Articles connexes :
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Samedi 10 mai 2008
Voici un nouveau diaporama présentant la ville de Verdun. Certaines photographies étaient déjà dans la vidéo de l'année dernière, mais il y en a également beaucoup de nouvelles qui viennent enrichir cette visite de la Cité de la Paix.

Ceux qui ne sont pas des habitués du blog auront la surprise de découvrir une ville touristique ensoleillée, traversée par la Meuse et de nombreux canaux, et parsemée d'espaces verts. Une ville dont l'histoire ne se résume pas à la Première Guerre mondiale, loin de là.

Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, c'est parti pour cinq minutes de détente en compagnie d'Israel Kamakawiwo'Ole...



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Mercredi 7 mai 2008
Visuel Art
Aujourd'hui je vais vous parler d'une petite entreprise verdunoise qui propose des services plutôt originaux en matière d'impressions personnalisées : Visuel Art.

Les plus assidus d'entre vous me feront remarquer qu'ils connaissent déjà Visuel Art et son charmant gérant, Dominique ONFRAY, puisque c'est cette société qui avait réalisé les expos dans la vitrine du Crédit Agricole (voir cet article) et dans la Galerie marchande de Cora (un autre article). Vous savez donc déjà que Visuel Art propose des impressions photographiques grand format avec des finitions telles que contre collage sur PVC, plastification, et des systèmes de fixations divers et variés. Mais ce n'est pas tout !

Imaginez : une photo panoramique de... 1m10 par 4m sur le mur de votre salon. Ca en jette, non ? (je parle bien de papier photo, glacé, et tout et tout. Pas une vulgaire impression comme à maison).

Mais la force de Visuel Art c'est également de pouvoir imprimer sur des supports originaux. Vous avez envie de rideaux qui sortent de l'ordinaire ? Vous voulez un papier peint réalisé rien que pour vous ? Vous souhaitez acquérir une reproduction d'oeuvre d'Art ? Vous pensez que vos photos méritent plus qu'un simple tirage papier, optez pour des tirages numérotés sur papier d'Art 100% coton protégés par des certificats d'authenticité.

Dominique vous réserve encore plein d'autres surprises que vous découvrirez dans son atelier, mais je ne résiste pas à vous dévoiler mon petit chouchou : le contre collage sur magnet qui permet d'afficher vos photos préférées sur les supports métalliques et même, si vous le souhaitez, de recouvrir entièrement votre réfrigérateur par un trompe-l'oeil.

Vous n'avez plus qu'à laisser libre cours à votre imagination...

Atelier Visuel Art
21 rue Laurent Pons 55100 VERDUN
tél : 03 29 84 15 36
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Lundi 5 mai 2008
Liste des Evêques de Verdun
Après la mystère de la disparition du Maréchal Joffre (que j'avais évoqué dans cet article) nous allons aujourd'hui aborder celle de Jean-Baptiste Aubry, né dans la Meuse à Saint-Aubin-sur-Aire, et Evêque de son état.

Tout d'abord, rassurez-vous, il ne s'agit pas d'un enlèvement. Le gars est mort en 1813 et son tombeau, situé dans le cimetière de l'église paroissiale de Commercy, n'a pas été profané. C'est son nom qui a disparu. Vous pouvez le chercher dans Wikipedia. Rien, nada, que dalle.

Et si vous vous rendez à l'ancien palais épiscopal de Verdun et que vous jetez un coup d'oeil à droite de l'entrée : c'est pareil ! Vous pouvez lire les noms de 110 Evêques de Verdun, de Saint Saintin (dont je vous avais parlé ici) jusqu'à François MAUPU actuellement en exercice, mais le nom de celui qui exerçait de 1791 à 1793 a disparu, remplacé par un simple trait. Incroyable, non ?

Pour comprendre pourquoi l'Eglise a voulu oublier son nom il faut remonter à l'époque de la révolution française.

Jusqu'à 1790 les relations entre la France et l'église catholique sont régies par le concordat de 1516. Les députés de l'Assemblée constituante, qui trouvent que ça commence à bien finir, décident de pondre un nouveau texte pour que l'église soit plus en phase avec l'idée qu'un révolutionnaire peut se faire de la religion. Et c'est ainsi que nait la loi sur la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790. Cette loi entend, entre autre, transformer les prêtres paroissiaux en "fonctionnaires publics ecclésiastiques" (élus par les paroissiens, payés par l'état, et dont "l'utilité publique" repose sur les sacrements et le soin des âmes), et entend surtout abolir les vœux monastiques (et donc supprimer 100.000 moines et bonnes soeurs jugés "inutiles", c'est-à-dire les deux tiers du clergé de cette époque).

Une fois la loi votée il ne reste plus qu'à faire en sorte que les religieux adhèrent au concept. Et là c'est le drame ! Le Pape Pie VI fait une grosse colère (d'autant plus qu'il n'a pas été consulté) et la plupart des Evêques refusent de prêter serment à la Constitution civile du clergé. C'est en particulier le cas de Henri-Louis-René Desnos (parfois écrit "des Nos"), qui préfère partir en exil en laissant son siège épiscopal verdunois à Jean-Baptiste Aubry, député du clergé aux Etats-Généraux, qui fait allégeance à la constitution et devient le nouvel Evêque, non pas de Verdun, mais de la Meuse (puisque les révolutionnaires ont également réduit le nombre de diocèse à un par département).

Se crée alors une scission au sein de l'Eglise de France entre les Prêtres réfractaires, qui refusent de prêter serment à la Constitution civile du clergé et restent fidèles au Pape, et les Prêtres constitutionnels appelés également "assermentés" ou "jureurs", et plus communément, "intrus". Bref, le Vatican ne pardonnera jamais le progressisme des Evêques constitutionnels.

Il en est ainsi de l'Evêque Aubry, mais également de l'Abbé Grégoire, prêtre lorrain qui deviendra Evêque du Loir-et-Cher, et dont les cendres ont été transférées au Panthéon lors du bicentenaire de la Révolution française en 1989 sous les foudres de Monseigneur Lustiger.

Voilà, vous savez à peu prêt tout sur ce mystérieux trait qui fait tâche au milieu de la liste des Evêques verdunois.
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